Estampes sur eaux troubles

Estampes sur eaux troubles figurait dans la liste des livres proposés pendant l’opération Masse critique des littératures de l’imaginaire. Son résumé me semblait mystérieux et je me suis laissée tenter afin d’en savoir davantage ~

Résumé éditeur : Sensualité, ambition, regret, remords… Le désir couve chez ceux qui ne veulent pas le voir.
Une jeune fille se perd dans les forêts du Penjab et découvre que toute danse n’invite pas au plaisir… Une jeune épouse reçoit d’étranges présents de son aimé parti au front, de vieilles bobines de cinéma ravivent d’anciennes flammes… Et loin derrière les anneaux de Saturne, on mutile les corps pour renouveler l’esprit.
Le désir ici se fait atrabilaire, ses objets sont brumeux comme le rêve, ardents comme des braises. Passé, présent, avenir, en un ocre mêlé d’encre noire. Chevelures, parfum, souvenirs mal enterrés, fantômes resurgis : au fil de ces neuf textes, les images et les sons se répondent…

Mon avis : Aussi troublantes que tragiques, ces 9 nouvelles possèdent chacune leur propre univers plongeant le lecteur dans l’Inde colonialiste, en Ecosse dans un château, dans une sorte de conte moderne où le loup se cacherait derrière une apparence avenante ou encore dans un futur aux accents de civilisation romaine. Autant de changement de lieux et d’époques qui ne choquent pourtant pas. Cette diversité semble former un tout créé par des fils conducteurs. Dans les récits, la même ombre terrifiante plane. La même violence qu’elle soit physique ou mentale, ne rôde jamais loin. Celle du combat, celle du désir, celle de la jalousie, celle de la folie… 
Les situations peuvent transformer la plus innocente jeune fille en apparence en un monstre laissant ses pulsions la dominer. Les fantômes ne sont pas plus vils que les humains. Imaginaire et réalité se mélangent alors que le lecteur nage entre deux eaux. Et en ce sens, le recueil porte très bien son nom. Cependant, l’effet est différent selon les nouvelles, si certaines peuvent paraître immédiatement fantastiques, d’autres au contexte plus contemporain paraissent plus plausibles, réalistes. On passe très bien d’une nouvelle à l’autre tout en se demandant ce que Marianne Lesage a préparé. Son écriture « coule » bien et la narration est variée. Echanges épistolaires, journal intime etc qui se marient bien  soit  avec l’utilisation de la première personne, soit avec celle de la troisième personne.
Les personnages hétéroclites rencontrés au cours des nouvelles créent un ensemble riche. J’avoue avoir eu quelques préférences notamment pour Art is the hammer où le « chasseur » devient une proie. Une sorte de retour de manivelle. Ainsi que la pointe d’ironie dans Oeil de nacre dans la serre. Ah cette jeune épouse qui brise son mari ! Et qu’en est-il de cette espèce d’obsession quasiment mystique pour la pureté ? Tout comme l’obsession du rouge de Paul… Désirer est dangereux… Cela peut même coûter cher. Très cher.

Estampes sur eaux troubles entraîne sur des sentiers où tout peut arriver. Surtout le pire. Plus dérangeantes qu’effrayantes, les nouvelles ne laissent pas indifférent avec cette sensation d’être sorti d’un rêve étrange. Et… attention à ce que vous convoitez.
Merci à Griffe d’Encre et à Babelio pour cette découverte  !

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