Le Mont Crépitant

Shuji Tsushima, plus connu sous le nom d’Osamu Dazai, fait partie des écrivains japonais les plus célèbres et lire un de ses romans me paraissait donc incontournable.

Résumé : « A voix haute il lui lit des contes comme  MomotarôLe Mont CrépitantLe moineau à la langue coupéeLes Deux Bossus ou  Monsieur Urashima.
Bien qu’il soit pauvrement vêtu et qu’à sa figure on le prenne pour un idiot, ce père est loin d’être un homme insignifiant. Il possède en effet un art vraiment singulier pour imaginer des histoires.
 Il était une fois, il y a bien, bien longtemps… 
Ainsi, tandis qu’il lui fait la lecture de sa voix étrange et comme stupide, c’est une autre histoire, toute personnelle, qui mûrit au fond de son coeur. « 

Mon avis : Je m’étais intéressée à Osamu Dazai après avoir vu Melos et puis lire des contes est un peu comme un retour à l’enfance  (ça me fait penser à Père Castor aussi ♥). Mais la situation de la narration est quelque peu inhabituelle car l’action se déroule dans un abri antiaérien (pas antibactérien comme on le trouve sur certains sites, même si ça m’a amusée). Les contes semblent apporter une touche de légèreté à la gravité du contexte bien planté grâce à l’utilisation du présent. Mais j’ai surtout aimé le choix de la première personne qui nous montre à la fois les réflexions du père de famille et donne un sentiment de dialogue avec le lecteur. Il y a une sorte d’intimité qui se crée, cependant elle est, de temps en temps, perdue avec un retour à la troisième personne.
Dans chaque conte, le narrateur dissèque les histoires, s’interroge sur certains éléments. Bien qu’ils soient ancrés dans la culture japonaise, on perçoit une dimension plus « universelle. »  L’homme compare la boite de Pandore et le coquillage de Monsieur Urashima. Dans Le Mont Crépitant, il souligne la censure et la création des versions édulcorées pour les enfants faisant perdre  leur sens à l’histoire. Les contes ne doivent pas être cruels, afin de préserver l’innocence de l’enfance. Mais cette démarche n’amène-t-elle pas un regard déformé ? Toujours dans Le Mont Crépitant, il fait un parallèle entre le personnage du lapin et la déesse grecque Artémis. En explorant ces histoires populaires, j’ai trouvé qu’Osamu Dazai amène implicitement à la réflexion. Il n’y a pas de morale et notre conteur ne cherche pas en trouver une lorsque son récit arrive à sa fin. Même s’il se qualifie de stupide, on voit au contraire qu’il est loin de l’être. Le père est surtout très humble.
Les mots japonais dispersés sont expliqués et permettent d’apprendre quelques petites choses au passage. Un petit livre agréable, dont essentiellement, Monsieur Urashima et Le Mont Crépitant font réfléchir sur notre rapport avec les contes.
Une citation pour la route :
En toute femme sommeille un lapin impitoyable et en tout homme un brave raton qui se débat pour ne pas périr noyé. ( Le Mont Crépitant )

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