Le chat dans le cercueil

En amoureuse des chats, Le chat dans le cercueil de Koike m’a tout de suite attirée. Des manières occidentales, un peu de jazz, un souffle de style de vie à l’américaine baignent dans une petite maison à Tokyô…
Résumé : Si Momoko n’ouvre son cœur qu’à sa chatte Lala, son père n’a d’yeux que pour la belle et pulpeuse Chinatsu, au grand dam de la jeune fille au pair : trois habitants d’une même maison dans le Japon d’après-guerre vivent dans un calme apparent, ignorants d’une vérité cachée qui les pousse tous inexorablement vers la tragédie. Quand la neige recouvrira de silence le jardin et le champ de blé alentour, les non-dits réveilleront ce petit démon intérieur qui appelle au meurtre.
Et Lala, sphinx au blanc pelage, pourrait bien alors s’avérer la victime et la clé de ce surprenant suspense psychologique.

Dans Le Chat dans le cercueil, on abandonne le côté « tradition japonaise » et si comme dans le drama Kanryotachi no Natsu adopter le style de vie américain ressemble à une trahison, il apporte une touche de légèreté voire d’insouciance au roman. Même si Hariu ne comprend pas ce rythme, l’ambiance mondaine qui règne chez Gôrô, elle ne porte pas de jugement. L’aspect mondain et facétieux correspond aussi très bien au personnage du peintre. Il semble être dans son élément avec cette vie où l’amusement prend une grande place. Ce cadre permet la mise en place de la situation tragique sans mettre mal à l’aise le lecteur. Cependant les premières pages commencent par le ‘présent’. L’arrivée d’un chat blanc ravive les souvenirs et incite Hariu à se confier à sa domestique, Yukiko. À partir de ce moment-là, le félin devient une sorte de fil conducteur mais il est difficile dès le départ de réaliser sa réelle importance. Parce que ce n’est pas juste un chat.

Comme acteurs de ce huis-clos, se trouvent 4 humains et un chat. Cependant au commencement, ils ne sont que 3 humains. Hariu, jeune provinciale, rêve de devenir peintre. Grâce à une rencontre avec Gôrô, peintre et professeur vivant seule avec sa fille, elle part s’installer chez lui. En échange de s’occuper de son enfant, Momoko ainsi que de la maison, il lui donnera des cours. L’homme est gentil, a toujours un petit mot agréable pendant que la petite fille se montre réservée, méfiante. Elle paraît étrangement beaucoup plus adulte que son père. Une petite fille qui ne se sépare de Lala, sa chatte aussi blanche que la neige, uniquement pour aller à l’école. Elles jouent ensemble, dorment ensemble mais Lala n’est pas juste une amie dans le coeur de la fillette. Un soir, alors que l’animal dort dans son lit, elle la serre contre elle et l’appelle mama. Une ‘mère’ qui en acceptant Hariu lui permet de tisser une complicité avec Momoko. Une sorte d’équilibre se crée. Une famille ‘factice’ où Hariu tiendrait d’une certaine façon le rôle d’épouse. D’ailleurs, elle nourrit des sentiments amoureux à l’égard de son professeur. Ne sachant comment interpréter ses gentillesses ni ses paroles, elle préfère rester silencieuse mais la confusion s’installe.

Dès l’arrivée de Chinatsu, belle femme attirrant tous les regards, l’amour se transforme en jalousie incontrôlable. Chaque jour, ce sentiment croit lorsqu’elle cerne la nature de la relation entre Gorô et la nouvelle venue. La complicité, les regardes échangés, tout montre qu’ils ne sont pas juste des amis. Au lieu d’expliquer la vérité à la jeune femme, le peintre choisit les non-dits, fait comme si de rien était. Ce silence n’arrange rien. Chez Momoko et Hariu, l’incompréhension se mêle à la haine. Mais tout se précipite avec la disparition de Lala et les mots terribles prononcés par la petite fille. Peut-être que s’il avait su le futur dénouement à la fois tragique et ironique, Gôrô aurait parlé, n’aurait pas gardé un secret qui n’aurait même pas du en être un.

Huis-clos avec une touche de passion, de jalousie et de psychologie, le chat dans le cercueil est un roman bien mené et porté par la plume – que j’ai trouvé particulièrement élégante – de Mariko Koike.

Méfiez-vous des jeunes femmes amoureuses. Méfiez-vous de vos filles. Méfiez-vous de la jalousie.

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