Ecoute-là

Auteur, entre autre, du très connu Le vase de sable, adapté en film par Yoshitaro Nomura et en drama – de 11 épisodes en 2004 et un tanpatsu en 2011 sur TV Asahi – , Matsumoto Seicho fait partie des grands noms de la littérature policière japonaise. Enfin je ne vais pas parler de cet ouvrage mais d’un autre…

La Voix publiée chez les éditions Philippe Picquier se présente telle une sorte de recueil de récits policiers comprenant dans l’ordre : le Complice, le Visage (Kao 1956), Au-dessus de tout soupçon, le Roman-feuilleton, la Voix (Koe 1956) et la Collaboratrice d’une revue de haïkus. Plus ou moins courtes, les intrigues s’avèrent toutes très efficaces offrant parfois des fins ou des passages plutôt surprenants.

Dans un Japon fin des années 40 et des années 50, représentants de commerce en quête de réussite et d’un changement de train de vie, employé de banque, standardiste, acteur aspirant à la gloire, hôtesse attendant le retour de son mari, militaire prisonnier, et j’en passe, forment cette faune de criminels. Une faune ordinaire, banale qui se fond dans la foule quotidienne. A la fois, coupable et victime dans certains cas, ils se retrouvent entraînés à commettre le pire. Lourd secret à protéger, vengeance, appât du gain, jalousie, les motifs varient selon les individus. Cependant si tous prennent des précautions pour mener à bien leur méfait, allant parfois jusqu’à attendre plusieurs années, la machine finit toujours par dérailler et la vérité, par être révélée. Parfois il suffit d’un détail, d’une obsession pour qu’un apprenti journaliste ou qu’un romancier résolve le mystère. D’autres fois, le criminel commettra un faux pas devant un témoin, toutes ses précautions volant en éclat.

Des 6 récits, mon préféré reste la Voix. A la fois, parce que l’histoire se base sur la mémoire auditive de Tomoko, standardiste puis femme au foyer, et à la fois pour l’habile construction des alibis des meurtriers. Contrairement aux trois premières histoires, où le lecteur connait les intentions et les projets des protagonistes, les trois derniers laissent la part belle aux enquêteurs. Dans le cas de la Voix, où un crime est commis pour en préserver un autre ayant eu lieu trois ans plutôt, le lecteur est placé du côté de la police. Et même si nous avons un avantage en connaissant le mobile du crime, réussir à imbriquer toutes les pièces de l’engrenage n’est pas évident.

En somme, une lecture agréable à conseiller aux amateurs du genre policier.
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