Mon père Noël est bédéphile #2

Dans 19 jours, ce sera Noël. Ce sera déjà Noël. Les jours passent vite, le froid -enfin l’humidité- s’installe aussi doucement, l’occasion de se retrouver en famille approche, la question des cadeaux se posent pour certain(e)s… Et si vous avez des amatrices/amateurs de comics parmi vos proches, c’est aussi le moment de leur faire découvrir de nouveaux auteurs.

Avec tout ça, j’avais envie de prendre le temps de dépoussiérer les murs et de faire un billet pour, encore, parler de comics et BD indépendants.

Plutôt que de céder à la tentation de certaines enseignes, prendre le temps de fouiller des plateformes comme Big Cartel, Etsy ou Storenvy permet de trouver des artistes que vous ne croiserez jamais dans ces boutiques très connues (qu’il s’agisse d’un « tout en ligne » ou d’un magasin en dur).

Après un tour sur Storenvy, voici une petite sélection d’histoires et de graphismes variés :

comicsgift_20141. Dragon Heir : Reborn, Emma Vieceli – 18$
2. This tastes funny, maiji’s lovely little shop – 15$
3. First, art by Lanny – 6$
4. How was your day ?, collectif (preview ici) – 15$
5. Karnival Gate #1, Tegami Den – 10,33$

Petite précision pour les allergiques à l’anglais : à l’exception de Karnival Gate disponible en français ou en anglais, tous les autres sont anglais.

Et vous, quel titre d’un artiste peu connu recommanderiez-vous comme cadeau de Noël ?

Coeurs à vendre

Pour les amateurs de bandes dessinées, Tumblr révèle quelques surprises. Au détour d’un reblog sur son dashboard, on peut croiser de bien jolies créations. Sous leur forme papier, elles sont, le plus souvent, imprimées aux frais des artistes qu’ils soient étudiants ou dessinateurs-auteurs indépendants.

C’est donc au hasard d’une illustration rebloguée que j’ai découvert l’univers de Miyuli, une étudiante allemande en animation. Sur internet, elle publie un webcomic sur smackjeeves, Lost Nightmare et en début d’année 2014, elle a présenté sa bande dessinée, Hearts for Sale. Il en existe deux versions : une papier et une numérique pouvant être lue sur son Tumblr.

heartsforsale Lire la suite

Mon père Noël est bédéphile #1

Après une absence – je ne procrastine pas, je me laisse juste facilement déborder par autre chose, je le jure ! Bon peut-être que je procrastine aussi un peu, j’avais envie de reprendre le blog en parlant comics indépendants. Qu’ils soient les versions papiers de webcomics ou des productions uniquement papiers, ils restent toujours intéressant à découvrir. Je vous proposerais donc une petite sélection de comics jusqu’à début décembre pour les bédéphiles et celles/ceux qui ont des ami(e)s bédéphiles. Pour les curieux, j’avais déjà fait un article sur FleurdeCannelle avec des liens de quelques bandes dessinées trouvables sur Etsy.

Avec Noël qui approche doucement, c’est l’occasion de suggérer une petite idée, vous savez, mine de rien… D’autant plus que les frais de port vers la France de certains sites peuvent rebuter un achat plaisir et spontané, c’est donc une raison supplémentaire d’envoyer un message subliminal – ou de faire des yeux de Chat Potté !

imageperenoelBD

1. Sfeer Thoery
2. The Phoenix Requiem
3. Papa
4. Toilet genie

Pour finir, je mentionnerai deux très beaux livres de Wenqing Yan, connue sous le pseudonyme de yuumei sur DeviantArt : Knite et 1000 Words disponibles chez 4th Dimension.

Whislist Mars

Ma pile de lecture pourrait atteindre le plafond, si j’ajoute les bouquins que je veux lire et ceux que j’ai commencé puis abandonné parce que je n’accrochais pas. L’humeur, le style, l’envie du moment mais il y a toujours des livres qui font de l’oeil.

Alors pourquoi ceux-là ?
1 – Ô chevaux, la lumière est pourtant innocente : Un livre écrit après le séisme, après Fukushima. Après avoir lu, l’Archipel des séismes, ce serait une sorte de continuité même si le texte a un angle très différent. J’ai envie de découvrir le ressenti d’un écrivain originaire de Fukushim et ses émotions partagées.
2 – Speculative Japan : Je ne suis pas une grande fan de la Science-Fiction. Je ne déteste pas et je n’en raffole pas. Cependant, je ne demande qu’à m’y intéresser et à découvrir ce genre. Raison pour laquelle ce livre me tente, car c’est le seul genre que je n’ai jamais testé dans la littérature japonaise.
3 – Le bruit du tonnerre : Repéré chez ma deal- libraire préférée, je l’ai reposé en me disant « Tu as déjà assez de bouquins comme ça ! ». La Corée en guerre, l‘occupation japonaise, une héroïne qui me plait bien… Mais Actes Sud a aussi un joli catalogue côté littérature coréenne !

4 – The fox sister : Ou la version papier du webcomic du même nom. Un mélange de fantastique, d’horreur dans la Corée du sud, fin des années 60, début 70.

Et vous, quels sont les livres qui vous tentent en ce moment :) ?

Etsy, côté graphique

Sur Etsy, on trouve un peu de tout au fond et les amatrices/amateurs d’arts graphiques peuvent aussi y trouver de quoi satisfaire leur intérêt. Des publications indépendantes ou par des petites maisons d’édition, de la couleur ou du noir et blanc voilà ce qu’on trouve en fouillant la catégorie Comic dans Books and Zines.

Pour Noël, c’est trop tard – le temps que je sorte de ma phase d’hibernation tout ça – mais bon commençons notre petit tour :

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Un amour de marmelade

Tout comme pour Grandville (que je conseille) de Bryan Talbot,  j’ai eu un gros coup de coeur pour la couverture de Un amour de Marmelade de Olivier Supiot

Résumé : Lutétia est une mégalopole monstrueuse où vit le professeur Louys Cazaviel. Suite a une agression dans son laboratoire, sa vie bascule : sa femme est enlevée et il est accusé de son propre assassinat, alors qu’il est visiblement toujours en vie ! De plus, son corps a subi une mutation qui l’a transformé en une gélatine verdâtre, matière déformable à souhait issue de ses investigations scientifiques : le mélakron. Après une période difficile, le professeur Cazaviel essaye de dompter cette nouvelle enveloppe… Il va réapprendre à vivre et surtout il va devenir Mr Marmelade ! Marmelade croisera sur son chemin un journaliste mythomane, une femme passe-muraille , une « gueule cassée », un policier intègre… autant de clefs pour retrouver sa femme, sa dignité et enfin la vérité !

Bande dessinée one-shot divisé en 5 chapitres, Un amour de Marmelade joue avec la quête de la vérité et la destruction. Marmelade évolue dans Lutétia, ville nouvelle aux airs steampunk et un endroit où les vestiges de ce qu’était Paris se dressent. Une ville détruite par une guerre un peu trop rapidement évoquée à mon goût. Cependant dès les premières pages, le ton est donné avec la course poursuite entre les policiers et Marmelade qui devient davantage sympathique au fil des pages. Lors de la rencontre avec Blanche (la femme passe-muraille), il se montre plutôt déplaisant – mais il en faut plus pour la décourager.

Chaque chapitre permet d’en apprendre davantage sur son passé mais sur aussi celui des autres personnages ainsi que leurs intentions. Pourquoi le journaliste invente des faits au lieu de dire la vérité, pourquoi le policier souhaite désespérément mettre la main sur le professeur ou encore la raison poussant Blanche à suivre la « créature ». Quant à la recherche de Mathilde, la femme de Louys Cazaviel, et la preuve de son innocence, elles ne seront pas sans problème. Par contre, un des rebondissements m’a semblé un peu trop tiré par les cheveux.

Graphiquement, le style est loin de ce dont j’ai l’habitude mais cela ne m’a pas empêché d’apprécier. Je dirais qu’il apporte un aspect enfantin à des parties qui peuvent être particulièrement cruelles.

En somme, une bande dessinée pour passer un moment agréable de lecture et qui porte bien vraiment bien son nom.

Voyage aux îles de la Désolation

Vous avez l’âme d’un(e) aventurier/aventurière prêt(e) à parcourir le globe ? Ou les zones lointaines vous intéressent mais vous auriez peur de vous y rendre ?

Avec Voyage aux îles de la Désolation, Emmanuel Lepage nous entraine sur la route des terres australes. Embarqué à bord du Marion Dufresne en tant que  »journaliste », il a l’occasion de réaliser ce qui est un rêve d’enfant. Sur le navire, les autres personnes présentes sont toutes aussi passionnées que lui. Certains ont économisé pendant très longtemps, il s’agit du voyage d’une vie – ou encore comme le cas de la dame qui le fait en mémoire de son mari, la concrétisation d’un rêve qu’ils avaient en commun -. D’autres n’en sont pas à leur premier périple. Et puis il y a ceux qui travaillent comme les marins, les scientifiques…

La vie en mer se dessine avec ses contraintes (la houle trop forte, la nécessité d’occuper les passagers) et ses richesses (les rencontres humaines, la découverte de soi).  J’ai trouvé que cette bande dessinée était très personnelle mais en même temps un sentiment de partage et une certaine proximité se créaient.

Doucement, on rentre aussi dans l’univers des bases scientifiques situées loin de tout. On découvre le quotidien de ces femmes et de ces hommes, leur jargon, leur condition vie, leur dépendance due au ravitaillement, les tensions existantes… Des choses qu’on n’imagine pas, qu’on ne conçoit pas.  En plus de cela, cette bande dessinée s’avère être une mine d’informations aussi bien scientifiques que militaires (je ne savais pas qu’on ne devait pas dire  »Mon Commandant » et l’explication se trouve dedans) ou encore historiques (Tromelin, Kerguelen). En toute honnêteté, au départ, j’ai eu un peu peur de m’ennuyer et au final, j’ai adoré. Les mots, la dimension humaine associée à ce voyage, la solidarité… J’ai trouvé qu’il y avait beaucoup de sens dans ce récit.

Et pour couronner le tout… Le graphisme est absolument magnifique ! Quelques planches peuvent être visionnées ici mais feuilletez-le en vrai pour voir les sublimes aquarelles (Dire qu’il y avait une expo des travaux d’Emmanuel Lepage à Rosny avec une dédicace, il n’y a pas si longtemps arf). Personnellement, je rangerais Voyage aux îles de la Désolation aussi dans les beaux livres.

Pour les curieux, il existe aussi un blog retraçant le voyage : http://cap-sur-les-terres-australes.over-blog.com :)

Et une petite citation pour finir :

Ce qui est étrange avec le voyage, c’est qu’on ne comprend qu’après – et encore pas toujours – ce qu’on est allé chercher. (p. 7)

Il était une fois en Asie…

Chaque culture, chaque continent a ses contes transmis au fil du temps. Ouvrage collectif édité chez Petit à petit, Contes asiatiques en bandes dessinées présente 10 contes de 6 pays différents qui sont la Chine, le Japon, le Tibet, le Népal, l’Inde et le Vietnam
Les thèmes sont aussi bien la jalousie (Le petit chien) que la nature (Pourquoi l’eau de la mer est-elle salée ?) ou encore l’amitié (Le triomphe de l’amitié).  Je trouve que cette bande dessinée est aussi bien pour les adultes que pour les enfants. D’une à cause des graphismes et certaines histoires à la fin parfois cruelles, de deux le livre se prend bien en main. Nettement plus petit qu’une bande dessinée classique et plus grand qu’un manga (15 cm x 21 cm), je trouve qu’il est plus facile à manipuler pour des enfants.
La narration est classique ( ‘Il y avait’, ‘il était une fois’ ) et les mots utilisés sont relativement simples (bon, il y en a certains qu’il faudrait expliquer à des enfants).
En somme, une petite bande dessinée qui se lit bien :)

Le livre peut être feuilleté à ici

Tea time

Ichi go ichi e… « Une fois, une rencontre »  dit-on en Japonais, et en esprit avec la nature; il faut vivre l’instant présent qui est un cadeau des dieux… comme le thé !

Mon avis : Boisson la plus bue dans le monde après l’eau, ingrédient utilisé dans les produits de beauté, le thé est partout. Alors quoi de mieux que de partir à la découverte de son histoire en compagnie de Jules Verne et du… capitaine Nemo ! À l’aide d’une machine à remonter le temps, ils partent sur les traces de la petite feuille verte. De la Chine au Japon, de l’empereur chinois Shen Nung au botaniste Robert Fortune, le voyage s’avère riche ! Et dire que les anglais ont piqué des plants de théier aux chinois pour l’introduire en Inde. Comme quoi une simple petite feuille attirer les convoitises.

Avec une touche d’humour et de fantastique, La fabuleuse histoire du thé aborde les légendes et l’histoire de cette boisson dont la Chine est considérée comme le berceau. Graphisme agréable, couverture superbe – l’image ci-contre ne lui rend vraiment pas honneur – , cette bande dessinée est un plaisir à lire et aurait presque un petit côté aventure. Cependant il ne faut pas détester les récitatifs car ils sont nombreux.

À la fin, quelques personnages de l’histoire jouent les guest stars (Shen Nung, Catherine de Bragance ) pour parler cérémonie du thé (Five O’Clock tea ou Cha No Yu). Il y a aussi quelques détails sur la mythologie chinoise comme l’évocation de Fuxi et Nuwa, deux divinités, frère et soeur, épouse et mari ( Nuwa dirigeant le sol, Fuxi le ciel ).

Reprenant la découverte des boissons, il existe aussi La Fabuleuse histoire du chocolat et La Fabuleuse histoire du café toujours chez Clair de Lune.

Rock is not dead -les zombies aussi –

Résumé éditeur : Dans une Amérique profonde où les zombies «cohabitent» avec les vivants, Billy Rockerson, sosie d’Elvis au rabais, se fait mordre un soir de représentation. Il devient alors un mort vivant ! Déprimé et se posant des questions sur ce qu’a été sa vie, il décide de prendre en main son destin de zombie suite à une rencontre «surnaturelle»… Commence ainsi pour Billy un drôle de road movie peuplé de péquenauds et de zombies sur fond de rock’n’roll.

Mon avis : Je vais la faire courte : j’ai pris mon pied.. Les dessins et les couleurs sont superbes. Le rythme très agréable donne vraiment l’impression d’être dans un film. Cette bande dessinée pourrait être très bien adaptée sur grand écran (en tout cas, ce serait fun). C’est plein d’action, de rebondissements et d’humour. Certaines bulles m’ont faite rire, les situations s’y prêtent. Après FVZA et 30 jours de nuit, ça m’a fait du bien de me plonger dans un univers original et franchement décalé. Dans  la « cohabitation » humain/zombie, les zombies sont soit des bestioles dangereuses à éliminer, soit des « animaux de compagnie » dont les humains sont les maîtres. Vous pouvez faire tatouer votre zombie adoré (vu l’amende, c’est recommandé), le faire participer à des concours… Enfin je préfère encore les animaux domestiques classiques. Imaginez que votre zombie ait un petit creux, qui va passer à la casserole pendant son sommeil ? En attendant à l’opposé de FVZA où avoir de la sympathie pour les morts-vivants était difficile, l’univers de Rockabilly Zombie Superstar les rend presque attachant – si, si -.

Et puis, il y a cette espèce de quête d’identité chez Billy. Vivant ? Mort ? Après avoir passé le plus clair de son temps à essayer de devenir Elvis, qui est-il ? Il est aussi pris entre son désir de garder son humanité et l’immanquable changement de son corps. Il va rencontrer des zombies qui vont devenir finalement des compagnons de route et puis, il va se trouver. À côté de celà, on peut noter certaines références à la culture américaine qu’elles soient musicales (Jimi Hendrix) ou sociales (les cagoules au  bout pointu du KKK). Mais la musique va permettre, un instant, de faire tomber les barrières entre les humains et les zombies. Tout le monde apprécie la musique du groupe de Billy, le Rockabilly Superstar. Personne ne se soucie, jusqu’à un malheureux incident, que le groupe soit composé de zombies. En fait, si l’un des personnages ne cherchait pas à se distinguer tout au long de l’histoire, on se dit que ça aurait pu durer. En même temps, il apprendra que, parfois, vaut mieux rester à sa place plutôt que d’avoir une ambition démesurée…

Si vous voulez voir Joe la Frite se démener sur une piste de danse, si vous voulez voir une tête sans corps jouer de l’harmonica, si vous aimez la banane rockabilly et l’afro, alors jetez un oeil à Rockabilly Zombie Superstar (et les fanarts publiés à la fin des tomes sont très beaux) ! Pour les curieux : Le blog de Nikopek et pour lire un extrait Rockabilly Zombie Superstar T1 (il n’y a que deux tomes).

Et une petite digression finale -et musicale : La chanteuse irlandaise, Imelda May à écouter/découvrir/tester si l’esprit rockabilly vous intéresse ~

Lu dans le cadre du challenge Halloween de Lou et Hilde :