Une vie de chien

Au lieu de finir Le potager des malfaiteurs ayant échappé à la pendaison, j’ai décidé de me changer les idées avec un roman court, Une vie de chien de Peter Mayle – déniché dans la bibliothèque maternelle -.

J’en ai profité pour m’inscrire au passage sur un Challenge qui m’avait fait envie dès le départ : le Challenge Animaux du monde de Sharon :) !

Résumé – pas celui de l’éditeur – : Chien mal né, Boy a connu l’abandon, les journées difficiles à devoir se débrouiller seul jusqu’au jour où son chemin croise celui d’une femme. Dans la maison de sa maîtresse et de son mari, surnommés tous deux la Direction, Boy va s’éveiller à la vie en société et brosser un portrait peu reluisant des humains… Mais les autres animaux ne seront pas épargnés non plus.

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Traitors Gate

Résumé : Sir Arthur Desmond, mentor du commissaire Thomas Pitt, est retrouvé mort dans un club londonien.
Accident ? Suicide ? Son fils n’y croit pas et demande à Thomas d’enquêter. Pendant ce temps, au ministère des Colonies, un traître divulgue à l’Allemagne des informations sur la politique anglaise en Afrique. Or Desmond travaillait aux Affaires étrangères et avait porté des accusations contre le gouvernement au sujet des colonies. Les suspects : un groupe d’hommes très influents et fort soucieux de leur réputation.
C’est alors que le corps d’une aristocrate londonienne est découvert dans la Tamise… Thomas Pitt et sa femme Charlotte vont risquer leur vie dans cette intrigue qui mêle souvenirs, amitié et affaire d’Etat. C’est toute l’expansion de l’Empire qui est en jeu.

Mon avis : Voilà qui aura été une lecture des plus laborieuses. Pourtant le contexte historique et l’intrigue me plaisaient au départ. La colonisation de l’Afrique sur fond de complot et jeux d’intrigues. Mais j’ai décroché au fil de la lecture. Au lieu d’essayer de deviner l’identité du meurtrier, je me suis attachée aux personnages féminins : la moderne Christabel Thorne qui est pour l’instruction des femmes, Nobby Gunne l’exploratrice amoureuse de l’Afrique, Vespasia, la vieille dame coquette ou encore Charlotte, l’épouse du commissaire Thomas Pitt. À leurs côtés, les personnages masculins m’ont parue bien fade, discret alors qu’ils sont liés à l’enquête. Peut-être aussi parce qu’ils représentent un certain conformisme et semblent là pour contrebalancer leurs épouses.

Quant à l’enquête, elle paraît bien lente. Les mensonges et les attitudes contradictoires se suivent mais jusqu’au second meurtre, j’ai eu l’impression de faire du sur place. En mettant cet aspect de côté, j’ai trouvé qu’Anne Perry traite bien la colonisation, en donnant du réalisme à son récit en parlant de figures importantes comme Cecil Rhodes ou David Livingstone. Chaque personne a son opinion sur ce continent convoité et partagé par les puissances de l’époque, ses craintes et ses espoirs. Tous ne pensent pas de la même façon et ils s’interrogent. D’ailleurs, sur le sujet, le personnage le plus surprenant est la femme du ministre des colonies, Susannah Chancellor, qui sous ses airs presque naïfs pose des questions ou fait des réflexions qui font mouche. Anne Perry expose aussi bien, les enjeux économiques et stratégiques derrière ce « partage » de l’Afrique.

Deux citations que je trouve intéressantes :

— Non… Sauf quand il m’arrive de rêver. Les souvenirs sont si délicieusement trompeurs… Je me fais du souci pour l’Afrique, surtout après la conversation que nous avons eue l’autre soir. Il y a tant d’argent en jeu, tant de profit à tirer de la colonisation. Elle est révolue, l’époque où les explorateurs partaient découvrir de nouvelles contrées pour la seule raison qu’aucun Blanc ne s’y était aventuré jusque-là. Il n’est plus question que de traités, de droits relatifs à l’exploitation des mines, et d’opérations militaires. Il y a déjà eu tellement de sang versé ! On ne parle plus des missionnaires. Voilà plus de deux ans que je n’ai pas entendu citer les noms de Moffat ou Livingstone. On ne parle que de Stanley et de Cecil Rhodes désormais, et d’argent, bien entendu.

— Ils peuvent être aussi retors, profiteurs ou despotiques que n’importe quel Blanc. Ils sont capables de vendre leurs ennemis à tout Arabe qui les achètera. C’est leur façon de traiter les prisonniers de guerre. Ils n’ont pas un sens moral différent du nôtre, ils ont seulement moins de pouvoir, que nous, les Européens, avec nos armes à feu, nos canons… Je crains que nous répandions le mal, nous, que l’idée du profit rend gourmands, et celle d’un empire, voraces.

Robert Moffat : Missionnaire ( Biographie & informations : Scottish missionary to South Africa )
Cecil Rhodes : Homme d’affaires et politique. ( article  : A bad man in Africa )
Sir Henry Morton Stanley :  Explorateur et journaliste ( article : BBC – Historic figures )

Une poupée gonflable peut changer votre vie

Allez un billet plus léger ! Non, je n’ai pas regardé une série ou un film bizarre, j’ai fini, il y a peu, Wilt 1 ou « Comment se sortir d’une poupée gonflable et de beaucoup d’autres ennuis encore » de Tom Sharpe. Exceptionnellement, je la joue paresseuse et je mets simplement le résumé du livre.

Résumé :
Professeur de culture générale d’un lycée technique à Londres, Henry Wilt aborde la quarantaine dans un état critique. Alors qu’il tente à longueur de journée d’instruire une bande d’adolescents qui se soucie du sonnet shakespearien comme de leur premier porridge, sa femme Eva saisit la moindre occasion pour le harceler. 
Et tout y passe : son manque d’ambition, sa virilité de mollusque, son goût immodéré pour la bière. Wilt ne peut que grommeler en subissant ces réprimandes. Jusqu’à cette fameuse soirée, où ridiculisé une fois de trop, il décide de supprimer celle qui a fait de sa vie un enfer.

Mon avis : Le livre refermé, je me suis retrouvée mi-satisfaite, mi-déçue. À vrai dire, je ne m’attendais à rien de précis, juste à lire un roman drôle et cynique. D’ailleurs les personnages sont aussi loufoques les uns que les autres.
→ Henry Wilt : frustré d’un manque de reconnaissance professionnel (avec l’avancement allant de pair)  rêve de se débarrasser de sa femme (mais en lisant, on peut le comprendre.).
→ Eva Wilt : instable, terriblement influençable, qui vit dans la frustration de ne pas avoir un mari doté de grandes ambitions ni porté sur les mondanités. 
→ Sally et Gaskell Pringsheim : le faux couple d’américains sexuellement libérés mais surtout définitivement tordus. 
Je passe aussi sous silence les élèves (plâtriers, imprimeurs, gaziers, bouchers…) de Wilt, les flics qui se prennent pour des vrais cow-boys et le curé Saint John Froude.
Même si tout ce petit monde vit dans l’Angleterre des années 70, l’écriture de Sharpe est si atemporelle qu’on imagine très bien, Henry Wilt au XIXeme siècle et Eva pourrait avoir d’autres lubies plus contemporaines (s’initier aux médecines hindoues, devenir accro au feng-shui… Suivre tout ce qui fait in). En fait, son mari aurait une vie paisible -un peu trop- sans elle. Malheureusement pour le monsieur, dès que cette dernière rencontre Sally Pringsheim, on sait que les ennuis vont venir à grands pas. Cette femme se joue de la naïve Mme Wilt qui la trouve merveilleuse, chic et branchée. Sally voyage, a un statut, profite de l’argent de son biochimiste de mari, alors qu’Eva réside dans une petite banlieue pavillonnaire sans prétention avec un époux enseignant en établissement technique. Pas de quoi faire rêver en somme et Sally s’impose comme un gourou de libération de la femme devant Eva. 
Les évènements se succèdent jusqu’à ce que Henry Wilt commette le pire. Mais à partir de là, l’histoire parait prévisible et c’est peut-être ça, qui m’a le plus ennuyé. Évidemment que Wilt garde son calme quand on le cuisine durant les nombreux interrogatoires, quand on voit ses élèves et sa femme, il ne peut qu’avoir des nerfs d’acier. Évidemment que son établissement est très embarrassé par tout ce qui se passe. Évidemment qu’Eva a du mal à arrêter le lavage de cerveau dont elle est victime. Pourtant même si, on peut se douter des enchainements, les situations se veulent cocasses et bien amenées.
Toutefois, pour moi, Wilt n’est pas adapté à la lecture. Je suis sure que j’aurai davantage plaisir à le voir en « chair et en os ». Etant donné que le film Wilt (1989) existe, je pense que je vais essayer de mettre la main dessus. Le comique de situations, les expressions des personnages, leur vocabulaire très, comment dire, parfois imagé… Je pense que tous ces éléments auraient plus d’impact pour moi si j’étais spectatrice. Dans un autre registre, le professeur de culturel générale me fait penser au personnage de Osbourne Cox (Burn after reading).  Je pense franchement que John Malkovich aurait été génial dans ce rôle, de Wilt.

Si par hasard quelqu’un a vu Wilt / The Misadventures of Mr. Wilt, je suis intéressée par un avis :) !