Le maître de fengshui est à l’ouest

Plus qu’un livre avant d’abandonner les aventures de C.F Wong et de Joyce, son assistante. Sachant qu’il va partir en Chine, j’ai décidé de savourer Le maître du fengshui est à l’ouest…Car j’ai le sentiment que ce qui faisait la spécificité des intrigues risque de disparaître…
Résumé : C F Wong, le maître de fengshui, déteste l’idée de se rendre en Occident. Cependant il y a des offres qui ne se refusent pas, surtout quand elles sont aussi bien rémunérées. En effet, les Britanniques espèrent vendre le plus gros avion du monde aux Chinois et on a fait appel à lui pour s’assurer que le fengshui de l’appareil était bon. Bien mieux, la reine, lasse des infortunes que connaît la famille royale, s’inquiète du mauvais fengshui qui pourrait régner au palais de Buckingham. Evidemment, les choses ne se passent jamais comme prévu ; d’abord, un homme est assassiné, puis l’avion prend feu. Du coup, le maître de fengshui n’est plus du tout sûr d’arriver en Occident.

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Le mystérieux tableau ancien

La littérature chinoise contemporaine ne manque pas d’auteurs de romans policiers.  En voici encore la preuve avec He Jiahong.
Cependant je soulignerais ma déception face à l’absence de résumé et la présence de 5 critiques de divers magazines dont Playboy. Nous dirons que ce type de critiques ne joue pas vraiment sur mon envie d’ouvrir un livre.
Résumé : Hong Jun, avocat pékinois, est surtout célèbre pour ses talents de détective, admirablement secondé en cela par sa pétulante et ravissante secrétaire, Song Jia. Aujourd’hui, il est contacté par une femme professeur à l’université de Pékin dont le mari, éminent chercheur dans une société pharmaceutique de pointe, a brusquement perdu la mémoire.

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Seul demeure son parfum

Il y a deux semaines, cela avait été une bonne période pour la diminution de la PAL ( mais j’avais oublié les livres pour les challenges ;_; ), l’heure des billets est arrivée. Surtout que je suis particulièrement conquise par certains ! Les écrivains chinois comme Feng Hua continuent d’avoir leur place dans ma pile à lire.

Résumé : Dans une ville de Chine, un tueur frappe les femmes en toute impunité. Longtemps ces crimes conservent pour les enquêteurs leur épaisseur de mystère. Peu à peu pourtant, grâce à l’esprit de déduction et à l’intuition de Pu Ke, le policier chargé de l’affaire, les indices se croisent et se resserrent autour d’un seul suspect. Pu Ke est aidé dans sa quête par Mi Duo, une jeune femme rencontrée chez des amis communs, et l’histoire de leur relation va se trouver intimement liée à celle du meurtrier. Car chacun porte en lui un secret, une part d’ombre inavouée, qui est comme une clé ouvrant une porte interdite débouchant sur l’horreur.

Une plongée dans les profondeurs de l’âme humaine, qui est aussi une radioscopie aux rayons X des relations entre hommes et femmes dans la Chine d’aujourd’hui.

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Comme des pandas

Toujours Shanghai mais avec un autre visage. Celui-ci est dépeint par Mian Mian (棉棉) dont le vrai prénom est Wang Xin (王莘).  Née à Shanghai en 1970 dans une famille d’intellectuels. A 15 ans, ses professeurs lui conseillent des lectures venant d’auteurs très différents : l’un lui suggère de lire du Marx alors que son professeur d’art propose Freud. À 16 ans, elle commence à écrire et quitte le lycée en 1987.

De 1989 à 1994, elle passe 7 ans dans une ville du Sud de la Chine avant de revenir à Shanghai. Après une cure de désintoxication, elle se remet à l’écriture tout en officiant comme DJ au Cotton Club de Shanghai. En 1997, elle publie des nouvelles dans des magazines littéraires dont Xiao Shuo Jie. Sa vie et ses expériences lui servent de matière pour ses écrits et elle devient le premier écrivain chinois à parler de la drogue et de la vie des drogués.

En juillet 1997, avec l’aide du New Century Publishing House basé à Hong Kong, elle publie son recueil d’histoires courtes, La la la (啦啦啦). Mian Mian a connu la censure en Chine et a été interdite de publication pendant plusieurs années. Son roman, Les bonbons chinois, (Táng糖) a été publié dans de nombreux pays européens (Allemagne, Espagne, France, Pays-bas, Italie etc) ainsi qu’aux Etats-Unis. En 2003, c’est au tour de Panda sex (熊猫) d’être publié.

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Le secret de Big Papa Wu

Suite à un abandon temporaire de Moneypenny, je me suis plongée dans un livre de Diane Wei Liang. À chaque fois, que je lis un roman d’un auteur chinois ayant émigré, je me demande quelle image de la Chine va-t-il dépeindre. La censure existe et lorsqu’on se penche sur le passé de certains écrivains, on voit que soit eux soit des membres de leur famille ont participé à des mouvements pour la démocratie ou bien ont été victimes de la Révolution culturelle et de la chasse aux « capitalistes ».
Née à Pékin en 1966, Diane Wei Liang a connu, enfant, les camps de rééducation (laogai – 劳改) où étaient conduits tous les opposants au Régime. Déjà à cette époque, elle voulait être écrivain. Le chemin jusqu’à ce métier fut long. À l’université, elle a milité pour la démocratie et a participé à Tian’anmen en 1989.  Son exil l’a mené aux Etats-Unis et en Angleterre où elle a enseigné le management jusqu’à ce qu’elle arrête pour se consacrer à l’écriture.

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L’art de la sieste…

L’art de la sieste et autres plaisirs poétiques de l’été est un recueil de poèmes chinois. Du 7ème au 13ème siècle, les poètes nous livrent, en quelque sorte, leur été. Chercher la fraicheur, profiter d’un souffle d’air, paresser, faire la sieste ou subir l’orage, autant de situations qui nous semblent familières et montrent que même si deux cultures sont différentes, des similitudes sont présentes.
Certains lieux se répètent comme le temple ou le kiosque mais c’est surtout la place faite à la nature qui frappe. Que ce soit les fleurs, la montagne, les lacs, tout semble être une invitation au voyage ou s’isoler afin de méditer. L’été sonne comme une pause, une période durant laquelle on prend le temps de profiter de la vie et se ressourcer d’une certaine façon.

La chaleur engourdit les corps, les coeurs sont légers et les yeux se veulent plus attentifs à ce qui entoure.

 J’ai choisi un poème de Po Chu-Yi – connu aussi sous Bai Juyi -, illustre poète et gouverneur sous la dynastie Tang pour ce billet.

au Temple du dragon bleu, début de l’été

plus aucune poussière après la petite pluie
cet endroit sur une hauteur est appuyé à un long escarpement
le soleil est à l’ouest de la porte du temple
le paysage est imprégné de clarté et de paix
oisif, un vieux moine se tient là, debout
dans la quiétude nul visiteur vulgaire ne passe
les loriots ont pris l’âge, ils manquent d’inspiration
les nouvelles feuilles sont abondantes, leur ombrage frais
le printemps n’est parti que depuis quelques jours,
déjà les nuages d’été s’amoncellent
de jour en jour je deviens plus sensible au temps de la saison
les années ont fait grisonner mes tempes
pourquoi rester encore attaché à la Cour et au marché,
au lieu de retourner, au milieu des brumes et des lianes,
sur la montagne bleue avec quelques arpents de terre ?
seul, j’interroge mon coeur

Po-Chu Yi

Au départ, le titre L’art de la sieste et autres plaisirs poétiques de l’été et la reliure traditionnelle chinoise du recueil m’avaient attirée. À vrai dire, les éditions Moundarren apportent un soin particulier à leurs ouvrages, leur insufflant cette petite touche orientale qui attise la curiosité – et à choisir entre un livre de poche et une telle reliure, je suis vite décidée pour ma part. J’espère qu’un jour, ils feront L’art de la guerre de Sun-Tzu.
Sur chaque page, il y a le poème calligraphié et sa traduction. Cet aspect bilingue est bien agréable et donne un petit côté authentique au recueil. Disons qu’on sent le désir de faire découvrir un pan de la culture chinoise au travers de deux arts : la calligraphie et la poésie. Sur ce point, c’est intéressant de voir que les enluminures et la calligraphie occidentale paraissent avoir mal vécu. Peut-être parce qu’elles sont restées trop longtemps de l’ordre du sacré. Résultat, il n’y a pas eu cette engouement qu’on a pu constater pour la calligraphie chinoise -qui plus est, les idéogrammes ont ce côté artistique, que n’a pas l’écriture latine.

Pour moi, la calligraphie chinoise se rapproche,  par sa simplicité visuelle – c’est-à-dire qu’il n’y a pas d’ornement ou de décoration supplémentaire – de la calligraphie arabe. Seul, l’esthétisme du trait compte alors qu’un aspect beaucoup plus chargé se reflète dans les manuscrits du XIIIe siècle. Pour moi, ces différences illustrent aussi deux spiritualités distinctes. Autre chose, en comparant avec la peinture classique chinoise, on a une impression de complémentarité entre la poésie et les thèmes abordés en peinture.

Ouvrir ses chakras

Après la Corée du Sud, direction Hong-Kong (et Singapour) ! En été, un bon roman policier peut être très agréable mais durant certaines périodes, la part belle est faite aux américains ou petit à petit aux français. Cependant les asiatiques se défendent très bien dans ce genre ! En voici la preuve avec Nury Vittachi.

Cet écrivain et journaliste d’origine sri-lankaise a commencé sa carrière de journaliste à Londres avant de partir vivre à Hong-Kong. En plus des nombreux articles qu’il a écrit, il est aussi l’auteur d’une multitude de livres de fictions ou non ainsi que des nouvelles pour enfants.
Tout comme Maurice Leblanc a Arsène Lupin, Conan Doyle, Sherlock Holmes, Nury Vittachi a son propre détective, CF Wong, 56 ans. Toutefois sa particularité interpellerait ses confrères. Là où on aime utiliser la logique et le rationnel, le héros de Vittachi se sert du Feng shui (风水) pour résoudre les crimes. Vous avez dû forcément en entendre parler à un moment ! Avec l’intérêt pour l’Asie et un besoin de se recentrer, de mieux vivre, le Feng Shui a connu un intérêt certain. Beaucoup de livres ont traité ce sujet pour alimenter la curiosité occidentale et puis ça a été simplement tendance. Mais je dirais qu’on y croit ou on y croit pas.  Un peu comme l’astrologie. Si pour un esprit asiatique, la circulation des énergies et l’importance de la décoration ainsi que l’ameublement, peut jouer sur la santé, le stress ou même les relations sociales (à tel point que même des chefs d’entreprise font appel à des maîtres de Feng Shui pour choisir les emplacements de leur bureau), je pense que peu d’occidentaux s’y intéressent réellement. Allez, je m’arrête là pour l’introduction, c’est l’heure du livre !

Mon avis : C’est avec la balade pas banale d’un tigre blanc dans un supermarché que démarre le livre. M.Wong pris au piège avec d’autres dans l’endroit fait appel à l’un de ses amis, l’indien Dilip Kenneth Sinah. Le ton est donné, tout peut arriver ! Alors que Wong et Sinah s’installeront dans un petit restaurant du marché de nuit,  s’ensuivra l’appel de M. Pun, un excellent client. Ce dernier a besoin de ses services pour offrir à Noël une séance de Fengshui gratuite aux membres du conseil d’administration international de son entreprise, la East Trade Industries Company Limited.
Le principe est simple, les membres du conseil paient leur patron et Wong se rend chez eux afin d’étudier leurs projets. Les différentes localisations géographiques des employés amèneront le maître du Feng Shui et ses acolytes – Sinah (astrologue indien), Mme Xu (voyante), Joyce McQuinnie (son assistante)- à se rendre en Australie, aux Philippines, à Hong-Kong, à Singapour et en Inde. Durant chaque voyage, ils devront résoudre des énigmes défiant toute logique !

Les aventures de CF Wong sont une vraie bouffée d’oxygène. Bye bye l’esprit cartésien, on se laisse surprendre par les réussites et l’efficacité des techniques comme la voyance ou l’astrologie. Le duo Wong/Joyce ressemble aux divergences orient-occident, à priori ils n’ont rien en commun. L’un est un petit monsieur un brin conservateur qui mène une vie tranquille, l’autre est une jeune femme exubérante bien dans son époque qui apporte sa touche girlie aux enquêtes (Joyce n’étant jamais la dernière à craquer sur un charmant jeune homme). Cependant lorsqu’ils s’associent, rien ne leur est impossible. Malgré ça, Wong a du mal à supporter la jeune australienne (même si sa connaissance parfaite de l’anglais est souvent d’une grande aide) à qu’il transmet ses connaissances sur le Feng shui. Mais il faut dire que Joyce est très douée pour faire une bêtise comme refuser un client pour l’étude d’un garage, alors que la demande vient en réalité d’un homme très important.

Je dirais que Fatal Feng shui est instructif sur la culture orientale aussi bien en mettant en scène des personnages qu’on qualifierait volontiers de charlatan chez nous, qu’en évoquant les pays et leurs quotidiens. Mais pas seulement. Le livre illustre bien les différences au sein même des cultures asiatiques. On s’immerge facilement dans Singapour et on se voit très bien manger avec Wong, des mets comme les wontons frits ou de la soupe de poulet aux algues noires.

C’est un livre drôle et frais qui vous fera voyager dans le pacifique à moindre frais ! Néanmoins au cours des aventures, Wong nous livre quelques bribes de sagesse orientale se finissant avec  des proverbes. Des récits très courts rappelant les paraboles.

Deux citations pour la route :

Mme Xue secoua la tête. « Non, ce n’est pas le fait que ce soit un tigre qui est angoissant. C’est que ce soit un tigre blanc. Il n’y a pas vraiment de quoi se plaindre quand on se fait dévorer par un tigre blanc. C’est un animal tellement rare. Moi, je verrais plutôt ça comme un honneur. »

Brin d’Herbe, les esprits simples pensent que seuls les trésors matériels ont de la valeur. Mais les sages savent que les trésors spirituels sont plus difficiles à trouver et bien plus précieux. Plus jeune, tu comprends cela, plus vite tu nais à la vie.  (CF Wong)

NB : Méfiance, certaines librairies mettent Nury Vittachi dans la littérature indienne. Attention, il est né au Sri-Lanka (anciennement appelé Ceylan ou Ceylon) et écrit en anglais. Le mettre donc dans cet catégorie est une erreur. Pour ma part, il sera dans littérature hong-kongaise, juste parce qu’il vit  et travaille à HK  sans compter qu’il y a créé un festival de littérature ;) !