Epouses et concubines

J’aime Noël XD ! J’ai enfin pu voir ce film. Ça doit faire déjà deux ans au moins, que je souhaitais mettre la main dessus mais j’avais du mal à trouver le DVD.
Résumé : Chine du nord dans les années 20, Songlian, 19 ans, est contrainte d’abandonner ses études à la mort de son père. Pour subvenir à ses besoins, elle se résigne à devenir la quatrième épouse du riche maître Chen. Arrivée dans la demeure de ce dernier, elle est aussitôt impliquée dans les luttes impitoyables auxquelles se livrent les autres femmes. L’enjeu de cette rivalité : la lanterne rouge, signe de la faveur du maître et donc du pouvoir dans la maison… (NB: c’est une adaptation du livre de Su Tong)
Une maison de notable, 4 épouses, les hostilités peuvent commencer. Tout n’est que mensonges et complots dont les domestiques sont les instruments. Manipuler une jeune servante qui rêve de devenir épouse est sans risque (après tout,  on se contentera de la punir sans aller chercher plus loin). Les sourires sont faux, les phrases remplies de sous-entendus. Et elles se  battent toutes pour la même chose : obtenir les faveurs du maître des lieux. Son système de choix lui permet de faire la pluie et le beau temps mais aussi d’attiser les haines, lui qui leur demande -hypocritement- de bien s’entendre. D’ailleurs, ces femmes s’appellent soit « Soeur », soit par leur prénom. L’aînée est la grande soeur, la dernière petite soeur. Les autres ont leur numéro accolé au nom. Et la maison a ses règles…
Des règles que Songlian (Gong Li) bouscule. Devenant épouse pour échapper à la pauvreté, elle se trouve dans cette maison dont le fonctionnement lui parait obsolète. Rapidement, elle se démarque des autres par sa façon de tenir tête au maître. Elle ne cherche pas à lui plaire, pourtant la jeune fille a conscience que plus l’homme viendra chez elle, plus sa suprématie sera assurée. La première épouse  Yuru (Jin Shuyuan) est vieille (elle se définit elle-même comme une antiquité) et a mis au monde un fils. La deuxième épouse Zhuoyun (Cao Quifen) a donné naissance à une fille (dommage) et la troisième Meishan, (He Caifei) ancienne comédienne, a aussi eu un fils. Mais dans les dangers, il faut aussi compter avec Yan’er, (Kong Lin), une jeune domestique avec laquelle s’amuse de temps en temps maître Chen. Dès son arrivée, elle voit dans la personne de Songlian, une rivale. Il suffit donc à une « soeur » bien inspirée d’utiliser cette jalousie en sachant que de toute façon, la hiérarchie ne peut pas être changée. La caractère de la quatrième épouse joue aussi énormément. Songlian n’est pas assez réfléchie et au jeu de dupe, elle perd, entraînant d’autres personnes au passage. Je trouve qu’elles évoluent dans un univers malsain où elles sont à la merci de leur époux (pour celles prises en flagrant délit d’adultère, couic couic).
Tout ça pour dire que le film est magnifique : richesse des costumes, certaines répliques sont très drôles, Gong Li se montre touchante et j’aime beaucoup le fait qu’on ne voit jamais réellement le maître (ni la belle-mère au début d’ailleurs). J’ai trouvé que ça accentuait la solitude de ces femmes. Il y a beaucoup de finesse dans la façon dont le film est tourné. Quant aux concubines, elles n’appartiennent plus au passé et si le sujet vous intéresse, il y a un webdocumentaire intéressant sur le site de France5 : Concubines :).

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Challenge Chick-lit

L’hiver est là et pour lutter contre une baisse de moral, je trouve qu’il n’y a rien de mieux qu’un peu de chick-lit.  Ça  change les idées, fait du bien tout simplement !

Ça m’a aussi rappelé une discussion avec une connaissance. Elle disait ne pas avouer lire de la chick-lit à son entourage, parce qu’elle en avait honte. J’ai du mal à comprendre car  la lecture est un plaisir. Il ne faut pas se prendre la tête et lire ce qui nous fait envie. Certes ce genre fait moins intello mais ce n’est pas ce qui compte XD.

Ce challenge  est lancé par Evy. Pour celles ou ceux qui seraient intéressés :), les inscriptions se font ici.  Et comme je suis une affreuse flemmarde ce soir, je vous copie/colle les modalités présentées par Evy : “ il suffit juste de lire un ou plusieurs romans de ce genre et d’écrire un petit billet dessus. Ce challenge se terminera le 31 décembre 2011.”

À priori, mes billets seront sur  :
Mortels rendez-vous de Rhonda Pollero (je plaide coupable pour le doublé policier et chick-lit x) !)
Un amour vintage de Isabel Wolff
Citizen Girl de Nicola Kraus & Emma McLaughlin ( “Some girls are meant for more than photocopying” )

Du cinéma asiatique sous le sapin

Noël approche et il y a quelques sorties intéressantes pour ceux/celles aimant le cinéma asiatique ( peut-être une piste de cadeau pour vous ou pour un proche :) )

Regards sur le cinéma nord-coréen

Depuis le 1er décembre, un coffret de 3 dvd comprenant 4 films est sorti. Une occasion de partir à la découverte du cinéma nord-coréen…
“Il faut voir ce logo de l’impérialiste Mickey sur le cartable d’une écolière nord-coréenne pour saisir le double voire le triple langage de ces films. Tout y est symbole : les roses rouges sang de la petite vendeuse future égérie révolutionnaire bien plus que les signes officiels remarquablement absents. Des histoires de femmes surtout : la beauté des nord-coréennes est légendaire en Asie. L’histoire de la Corée et la lutte des classes (colonisation japonaise dans Flower Girl), l’imaginaire romantique et tragique (Chun Hyang), la vie quotidienne et ses routines (Journal…), les relations de couple avec le Parti comme amant (Bell Flower), tous les sujets (sauf la répression politique) traversent ces films, véritables documents fictionnalisés sur ce mystérieux petit pays, son chef cinéphile et son spectacle politique totalitaire.” (source Wildside). Le coffret chez Wildside : ici / sur le site de la Fnac : ici

Les actrices chinoises

Côté cinéma chinois, la maison d’édition Ecrans publie un livre consacré aux actrices chinoises, qui sera disponible le 13 décembre. Des années 30 à nos jours, c’est l’occasion de découvrir des parcours, des vies et la place de ces femmes.
“ Premier ouvrage de la collection écrans d’Asie,
découvrez ces actrices qui ont incarné la féminité chinoise des années 1930 à aujourd’hui.

Fortes, sensuelles, héroïques, mais aussi victimes malheureuses ou perdues, ces silhouettes et ces esprits sont un prisme pour mieux comprendre un cinéma, un pays et sa condition féminine.” (source écrans éditions)

Jusqu’au 12 décembre, le livre est vendu au prix de 18€ (fdp inclus). À partir du 13, il sera disponible au prix de 22€. En tout cas, les photos ont l’air magnifique ! Pour en savoir plus et voir des images… 
Et voilà pour ce micro-billet :) !!

Toiles du monde

Vous aimez le cinéma ? Vous avez un pays de prédilection ? Alors peut-être que  l’initiative de Directory of World Cinema pourrait vous intéresser !

Ils ont débuté la publication d’une collection de livres sur le cinéma dans différentes régions du monde. Chaque ouvrage correspond à un pays et s’intéresse aux genres qui y prédominent, à son industrie cinématographique, à des réalisateurs importants etc… Pour chaque genre abordé, vous pouvez trouver une présentation d’un film suivi d’une critique.

En 2010, 4 sujets ont été traités : le Japon, le cinéma indépendant américain, l’Australie et la Nouvelle-Zélande ainsi que la Russie.
Dans les 6 tomes prévus pour 2011, 3 sujets sont déjà annoncés : l’Iran, l’Italie et le cinéma d’Hollywood.
Pendant une durée limitée, le nouveau tome, à sa sortie, peut être téléchargé gratuitement au format pdf -en ce moment, la Russie est à l’honneur-. Si vous désirez par la suite l’acheter -ou en acheter un autre-, les livres sont en vente sur Intellectbooks :) !

N’ayez pas peur, la FVZA est là…

… pour éviter que les vampires et les zombies ne conquièrent le monde (j’ai pensé à Minus et Cortex). 
Mais avant de commencer, je vais juste m’arrêter sur quelque chose qui est plus de l’ordre du ‘bonus’. Ils ont créé le site de la Federal Vampire and Zombie Agency : fvza.org . La qualité du site fait tout drôle lorsqu’on a l’habitude de traîner sur ceux que les japonais réalisent souvent quand ils veulent promouvoir une création mais ça reste pas mal pour en découvrir davantage sur l’univers du comic. 
Alors qu’est-ce que FZVA ?

Il s’agit d’un comic de David Hine (Spider-Man: Noir, House of M) et de Roy-Allan Martinez, en 3 (2 déjà parus) tomes édités chez Soleil. En ce qui concerne la version anglaise, elle est éditée chez Radical Publishing.

En ce qui concerne la FVZA, c’est une organisation fédérale qui lutte depuis des siècles contre l’envie de domination des vampires et des zombies – ce sont bien des êtres humains à la base hein -. Si elle a connu un repos forcé, elle a l’occasion de se remettre au boulot à la plus grande joie du Docteur Pecos.

Résumé : À travers l’Histoire, depuis la Guerre de Sécession jusqu’à la Seconde Guerre mondiale, la FVZA a protégé l’humanité de hordes de créatures mangeuses de chair et suceuses de sang. Jusqu’au jour où un vaccin fut trouvé et les non-morts renvoyés dans leurs tombes. Mais aujourd’hui, un nouveau virus incurable a fait son apparition dans une petite ville des États-Unis…

L’histoire commence par la fin (planche ci-contre) puis laisse place au passé pour les explications : sur l’éducation de Lorna et Vidal, des orphelins, futurs membres de la FVZA qui ont grandi avec leur grand-père, sur le début du zombisme et du vampirisme aux Etats-Unis avec la naissance de l’organisation fédérale. La longue parenthèse se ferme et c’est au tour du nouveau virus d’entrée en scène jusqu’à passer côté vampire.

Ça fait presque double résumé mon truc là… Mais comment dire, j’ai trouvé FVZA, terriblement ennuyeux. Si quelques éléments  paraissent clé ou intéressants (l’absence des parents de Lorna et Vidal par exemple),  d’autres m’ont parue bien longs (le côté cours d’histoire).  Heureusement l’apparition de Mandrake donne un nouveau souffle et j’ai commencé à avoir un réel intérêt pour l’histoire.

Les dessins sont très beaux – j’oserais dire peut-même un peu trop. Sinon j’ai trouvé intéressant l’opposition entre une perception humaine des vampires où ce sont des êtres forcément beaux avec une aura de romantisme morbide face à une image vampirique où ils apparaissent totalement défigurés et drogués.

À noter, une planche avec un brin d’humour noir : « Bizarrement, son instinct maternel a survécu. Elle a fait ce que toute bonne mère a toujours fait… Elle a laissé ses enfants mangé d’abord. »
Je laisse la scène à votre imagination.

Si vous voulez vous faire une idée, les 6 premières planches sont disponibles sur le site de soleil : FVZA T.1 . Certains dessins de FVZA étant vraiment gores – surtout les passages avec les zombies -, je ne conseillerais pas ce comic à tout le monde :) ! La suite m’intéresse à cause de l’électron libre qu’est Mandrake mais je pense que je l’emprunterais, ce ne sera pas un futur achat.

Lu dans le cadre du challenge Halloween de Lou et Hilde :

Challenge Halloween

À l’occasion d’Halloween, Hilde et Lou organisent un challenge où les frissons seront garantis.
Du 1er octobre au 1er novembre, ce sera l’occasion de faire la part belle aux êtres surnaturels et d’aller de blog en blog pour faire de nouvelles découvertes ! Plusieurs formules existent…

Les formules d’Halloween
Dates de publication au choix

Formule petits monstres
Au moins un album, vous pouvez montrer vos déguisements ou réalisations d’Halloween

Formule Scream
Un film ou un roman au choix

Formule Hocus Pocus
Un film + un roman sur les sorcières

Formule  Lestat
Un film + un roman sur les vampires

Forumule SOS fantômes
Un film + un roman sur les fantômes

Formules Zombieland
Un film + un roman sur les zombies

Formule les bulles du démon
Une ou plusieurs BD

Formule soupe à la citrouille
Un livre au choix + une photo d’un plat spécial Halloween

Formule Special Halloween
Romans, BD, albums, films illimités pour ceux qui veulent fêter Halloween pendant tout le mois d’octobre

Mention spéciale épouvantail:
Pour ceux qui changeront le thème de leur Blog pour Halloween

Pour mon premier challenge, j’ai choisi la formule spécial Halloween !
Côté livre, je resterais du côté bd/comics avec :
→ Rockabilly Zombie Superstar
→ 30 jours de nuit
→ Federal Vampire & Zombie Agency (FVZA)

Niveau film, il s’agit surtout d’une sélection provisoire…
→ Frostbiten (Suédois)
→ Perfect Creature (Nouvelle-Zélande)
→ The Neighbor Zombie (Corée du Sud)
→ Thirst (Corée du Sud)
→ Yoroi : The Samurai Zombie (Japon)
→ Kairo (Japon)
→ The Monster Club (UK)
→ The Addiction (US)

On verra si j’arrive à tous les voir – sinon je regrouperais par thème :) : sueurs froides, navets, old school et les vampires comme métaphores – ! J’aimerais aussi trouver le film yougoslave Leptirica – pas gagné -, Martin (US) ainsi que Cronos (Mexique).

L’enfer, le silence

5 ans après Âme rouge, c’est le retour du détective privé, John Blacksad.

Années 50, La Nouvelle-Orléans, où la fête de Mardi Gras bat son plein.
Grâce à Weekly, un producteur de jazz, dénommé Faust, fait la connaissance de Blacksad. Faust demande à ce dernier de s’occuper d’une affaire : un de ses musiciens, le pianiste Sebastian, a disparu. Il n’a pas donné signe de vie depuis des mois, mettant en péril le label musical privé d’une star. Faust craint que Sebastian ait, une fois de trop, sombré dans la drogue. Sa requête est d’autant plus pressante que Faust se sait atteint d’un cancer.
Blacksad accepte la mission et découvre peu à peu que Faust ne lui a pas tout dit. Il s’aperçoit qu’il est lui-même manipulé, mais décide tout de même de retrouver Sebastian pour comprendre les raisons de sa disparition. Il ne sait pas encore qu’il va connaître son enquête la plus éprouvante, à plus d’un égard.

Mon avis : Qui dit détective privé, dit mettre son nez dans des affaires louches mais surtout… Aller jusqu’au bout de son enquête.

Durant Mardi Gras, les masques finissent par tomber à la suite d’une intrigue intéressante, riche en rebondissements et en dangers. Les intentions des personnages sont difficiles à percer et ça se ressent même entre eux. On sent clairement, que l’incompréhension est présente : entre son père et son fils, une femme et son compagnon, un musicien et ses employeurs. Mais contre de l’argent, on ne se pose pas beaucoup de questions, on s’exécute simplement et quand la curiosité est plus forte, l’ombre de la mort n’est jamais loin. Les flashbacks expliquant le passé évoquent l’injustice et les conséquences de la cupidité. C’est le bal de la vie, de la mort et du destin. La joie se mêle à la tristesse, la culpabilité à la rédemption tardive (dont on doute selon le personnage). Les mensonges et les omissions cachent une vérité trop honteuse, même si je doute que celui qui en soit à l’origine regrette ses actes.
Malgré l’enquête résolue, un mystère demeure pour moi. Un mystère dont je me dis que l’explication viendra peut-être dans le prochain tome.
Les dessins sont toujours aussi magnifiques et Blacksad dégage toujours autant de charisme (et Weekly garde son petit côté drôle). Les animaux sont aussi expressifs que les humains et comme à chaque fois, je suis émerveillée par celà. L’univers se veut fidèle à la société américaine des  années 50. Par exemple, une des bulles montre des toilettes séparées avec comme pancarte « White » d’un côté et « Colored » de l’autre. Mais des éléments comme le gullah (un argot parlé par l’un des personnages qui est une mélange de créole, d’anglais et de langues africaines. Ce terme désigne aussi un groupe d’afro-américains qui tend à préserver son héritage cultuel et linguistique) apporte un plus au récit. J’aime bien ce genre de détail.

Deux petites citations pour la route :

Sartre affirme que l’Enfer, c’est les autres. Je veux bien admettre que les autres peuvent nous rendre la vie insupportable, mais ils peuvent aussi être nos compagnons de Paradis. Pour moi, l’Enfer c’est le néant, un endroit sans mes amis, sans musique, sans paroles qui stimulent l’imagination, sans beauté qui exalte les sens… 

J’ai essayé de disparaître, de m’aliéner, d’oublier pour finalement réaliser qu’on peut endormir la conscience mais pas la tuer… 

Je sais que certains n’ont pas accroché à la couverture mais, pour moi, elle représente un certain flottement entre la vie et la mort qui se retrouve dans le récit.  Ce silence, ce vide qui s’installent font écho au Paradis, aux musiciens, aux chanteurs de jazz, qui sont amis et jouent ensemble. Tout ça pour dire, que je la trouve cohérente avec l’histoire.

J’aurais encore plein de choses à dire mais on va éviter les spoilers :).
Une bonne intrigue, des dessins superbes, que demander de plus ?